Le sens de la vie

Le sens de la vie

Le sens de la vie est la plus pressante des questions, disait Albert Camus.

Une fois qu’on commence à se la poser, la recherche d’une réponse peut être difficile.

Il y a quelques années, j’ai moi-même vécu une crise existentielle en réalisant que je ne trouvais pas de sens à la vie.

Pourtant, j’ai fini par accepter cette idée.

J’ai compris que je pouvais quand même être heureux, et j’ai finalement retrouvé une grande motivation à vivre la vie pleinement.

Voici comment.

Quel est le sens de la vie ?

À cette époque, je me suis posé ce genre de questions :

Pourquoi sommes-nous là ?
Pourquoi la vie existe-t-elle ?
Pourquoi l’univers existe-t-il ?
Pourquoi est-ce que j’existe ?
Quelle est ma place dans tout cela ?

Evidemment, je n’arrivais pas à trouver de réponse. 

J’ai vécu ce sentiment de l’absurde dont parle Camus, ce sentiment qui “naît de la confrontation de l’appel humain avec le silence déraisonnable du monde” : je demandais à la vie quel était son sens, et elle restait silencieuse.

J’ai fini par me dire que la vie n’avait pas de sens, et j’ai vécu ce que l’on appelle une “crise existentielle” : si la vie n’avait pas de sens, ma vie n’avait pas sens, et je ne voyais pas comment être heureux dans ces conditions.

Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.
— Albert Camus
 

A l’époque, j’avais acheté un petit journal sur lequel j’écrivais mes pensées.

Voilà ce que j’y ai noté :

“Tout est vain. Je ne peux me détacher de cette idée, et je ne peux pourtant l’accepter. Je vis en apesanteur, sans rien à quoi me raccrocher, ni certitude, ni volonté.”

Cette photo illustre parfaitement la sensation que cette pensée me procurait :

Vide existentiel
 

Bref, pas fun comme période… Mais heureusement ça finit bien !

Choisir de Donner un sens à sa vie

Le sens de la vie : 42

Avant de vous raconter ce qui m’a permis de changer, j’aimerais vous raconter l’histoire d’Elon Musk.

Lorsqu’il avait entre 13 et 15 ans, Elon Musk eu lui aussi une crise existentielle. Il se mit à lire tout ce qu’il put sur le sens de la vie, mais les réponses qu’il trouva dans la philosophie ne le satisfaisaient pas. Au contraire, après avoir lu Nietzsche et Schopenhauer il trouva tout cela très négatif… C’est alors qu’il tomba sur le “Guide du voyageur galactique”, une oeuvre de science-fiction de Douglas Adams.

Dans ce recueil de romans, un super ordinateur est chargé de répondre à “la grande question sur la vie, l’univers et le reste”. Si les calculs de l’ordinateur étaient corrects, il pourrait répondre à la question du sens de la vie.

Après 7,5 millions d’années de calcul, il délivra sa réponse :

42
— Réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste

Selon l’ordinateur, 42 est la bonne réponse, mais le problème est que personne n’a vraiment compris la question…

Ce livre fut un déclic pour Elon Musk : il comprit que poser la bonne question est plus dur que trouver la bonne réponse. Pour lui, comprendre la bonne question à poser nécessite de comprendre l’univers, et c’est cette conviction qui motive ses actions en tant qu’entrepreneur. 

Si je vous raconte cette histoire, c’est parce qu’elle illustre deux choses :

  1. la question du sens de la vie est en fait mal posée

  2. cette réalisation peut donner un sens à notre vie

Viktor Frankl - la question du sens de la vie est posée à l’envers

Lorsque je vivais ma propre crise existentielle, je suis tombé sur les travaux du docteur Viktor Frankl, un psychologue ayant survécu aux camps de concentration.

Durant son emprisonnement, il réalisa que les prisonniers qui survivent aux atrocités des camps ne sont pas les plus forts physiquement, mais ceux qui donnent un sens à leurs souffrances. Après sa libération, il a développé une thérapie basée sur le sens de la vie, qu’il appelle “logothérapie”.

Selon lui, ce que recherchent avant tout les hommes, ce n’est pas le plaisir, mais une raison de vivre, un sens à donner à leur vie.

Dans son bestseller “Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie”, Frankl écrit ces mots qui ont complètement changé ma manière d’aborder le problème du sens de la vie :

Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était la vie qui nous questionnait - journellement et à toute heure. Nous devions répondre non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite.
— Viktor Frankl

Après avoir lu cela, j‘ai réalisé que j’adoptais le mauvais point de vue : j’essayais de répondre à cette question du point de vue de l’univers - de manière objective, distante, intemporelle - alors que je devais y répondre de mon point de vue d’humain. C’est moi, Alexandre, qui ait besoin de sens, pas l’univers.

Si LA vie n’a pas de sens, ce n’est pas grave : MA vie peut en avoir un !

Je peux toujours être heureux, rire, m’épanouir, et aider les autres à faire de même.

Je vis, et maintenant c’est à moi de décider pourquoi. C’est à moi de décider du sens de ma vie. 

Viktor Frankl - Donner un sens à sa vie.jpg
 

“Ce n’est pas le sens global de la vie qui importe, mais bien celui que lui attribue une personne à un moment donné de sa vie. Poser la question d’une manière générale équivaudrait à demander à un champion d’échecs de nommer le meilleur coup au monde.

Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu’elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu’elle nous assigne. Ces tâches, qui donnent un sens à la vie, sont différentes pour chaque homme et à chaque moment. Il est donc impossible de définir le sens de la vie d’une manière générale.

C’est à chacun de choisir ce dont il veut être responsable, envers quoi ou envers qui.”

- VIKTOR FRANKL

Le sens de la vie supprimé, il reste encore la vie
— Albert Camus

Les avantages de donner du sens à sa vie

Donner du sens à sa vie procure un bien être et une satisfaction durable

Selon le médecin et professeur Alan Rozanski, le besoin d’avoir du sens et un but dans la vie est le plus important des besoins psychologiques, et c’est aussi le plus grand facteur de bien être qui soit.

Une personne qui connait le sens de sa vie développe une grande force intérieure et une satisfaction durable.

Que la journée soit bonne ou mauvaise, elle aura la satisfaction du devoir accompli et la sérénité d’avancer dans la bonne direction.

Celui qui a un Pourquoi qui le fait vivre peut supporter tous les Comment
— Nietzsche

“La santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on devrait être.

Ce dont l’humain a besoin, ce n’est pas de vivre sans tension, mais bien de tendre vers un but valable, de réaliser une mission librement choisie.”

- Viktor Frankl

Par ailleurs, les recherches sur le cerveau montrent qu’avoir un but dans la vie active le “Seeking System”. Ce système est responsable de la motivation et de l’inspiration et nous invite à explorer, apprendre, comprendre.

Jaak Panksepp, chercheur en neuroscience, explique que sans ce système, nous ne pouvons tout simplement pas être heureux.

Quand au contraire nous suivons notre Seeking System, notre cerveau relache de la dopamine, l’hormone du plaisir liée à la motivation et à la récompense.

Poursuivre un objectif qui a du sens devient alors une source de joie.

C’est pourquoi découvrir le sens de sa vie est une source de joie permanente, car vous avez toujours un objectif clair, profond et extrêmement désirable à poursuivre.

 
Le sens de la vie est source de joie
 

Donner du sens à sa vie permet de vivre plus longtemps

Certaines personnes èrent sans but dans la vie, mais je ne suis pas l’une d’entre elles.
Si vous êtes d’accord avec cette affirmation, félicitation, vous vivrez plus longtemps !”

C’est la conclusion que tire Daniel Goleman après avoir analysé de récentes études sur le lien entre le fait d’avoir une vie orientée vers un but et la santé.

Dans une de ses études, des chercheurs ont suivis 7000 hommes agés de plus de 50 ans sur 5 ans. Au début de l’étude, chaque participant devait indiquer à quel point il trouvait un sens à sa vie, puis les chercheurs ont suivi leur état de santé.

Durant les 5 ans qu’a durée l’étude, 800 personnes sont mortes, notamment de problèmes cardiaques.

Après avoir pris en compte toutes les autres variables à risque de mort prématurée, les chercheurs sont arrivés à une conclusion étonnante : les personnes indiquant trouver peu de sens à leur vie étaient 2 fois plus susceptibles de mourir prématurément que ceux qui trouvaient un sens fort à leur vie.

Une autre étude japonaise a démontré que les personnes ayant un ikigai (terme japonais signifiant “avoir une raison de vivre”) vivaient en moyenne 7 ans de plus que ceux qui n’avaient pas d’ikigai.

Conclusion : avoir un but dans la vie semble plus important pour réduire les risques de décès que de savoir si vous buvez, fumez, ou allez courir 4 fois par semaine.

On comprend mieux pourquoi le sens de la vie est la plus pressante des questions : y répondre est essentiel pour notre santé mentale et physique.

* * *

Tout ce que je fais aujourd’hui est lié au sens que j’ai choisi de donner à ma vie, et cela m’apporte une grande satisfaction.

Cette satisfaction prend racine dans les réflexions que j’ai eu sur le sens de la vie. Je me rends compte aujourd’hui que cette période plutôt sombre et déprimante a en réalité été une bénédiction.

Si vous avez lu cet article, peut-être que vous êtes aussi en pleine réfléxion à ce sujet.

Je sais que cela peut-être dur, mais je suis convaincu que vous êtes sur le bon chemin.

Quand vous arriverez à destination et que vous aurez vos réponses, vous serez motivé tous les jours, vous aurez une profonde satisfaction intérieure, une meilleure santé, et un plus grand bien être.

Alors, quel sens allez-vous donner à votre vie ?

Les deux jours les plus importants de votre vie sont le jour où vous êtes né et le jour où vous découvrez pourquoi
— Mark Twain

Livres recommandés :

Le mythe de Sisyphe, d’Albert Camus. Un essai sur l’absurde dans lequel le philosophe explique comment bien vivre dans un monde qui n’a pas de sens.

Le guide du voyageur galactique, de Douglas Adams. Parmis les livres préférés d’Elon Musk.

Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, de Viktor Frankl. Un des 10 livres les plus influents d’Amérique.